L, G, B, T, Q, I : Des adjectifs ou des noms?

Il est d’usage d’utiliser des caractéristiques secondaires comme des noms. Mais est-ce véritablement une bonne idée? Peut-on dire «un gai, une lesbienne, un.e trans, un.e intersexe» comme on dit «un homme» ou «une femme»?

L’objet de mon propos est que d’utiliser ces caractéristiques comme des noms participe à un processus de déshumanisation et d’autrisme d’abord imposé par les groupes dominants. En effet, en parlant des orientations sexuelles minoritaires, des identités de genre autres que celles assignées à la naissance ou des caractéristiques génitales minoritaires, sommes-nous en train de référer à des groupes humains spécifiques ou à des gens d’horizons et d’expériences diverses dont les caractéristiques de genre, de sexe et de sexualité s’adonnent être non-conformes à la norme?

Ces caractéristiques sont souvent celles qui feront en sorte que les individus dont le corps en est marqué soient placés en marge de la société ou recevront un traitement différent. Placer d’emblée ces caractéristiques en tant que fondement de l’identité et de la reconnaissance d’une personne («LE gai», «LA trans», etc…) ne rend pas compte de la complexité de l’individu et de ses multiples facettes. Si l’on prend le cas des médias, par exemple, les membres des minorités de genre, de sexe et d’orientation sexuelle sont constamment «rendus autres» et délégitimés en tant que personnes lorsque leur humanité est réduite à leur différence avec la majorité.

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Reconnaître que ces caractéristiques ne constituent pas l’essence de l’identité d’un individu passe par l’utilisation de ces caractéristiques comme des adjectifs. Les personnes trans; les individus gais; les gens intersexes. D’autant plus qu’en ce qui concerne les gens qui s’identifient d’un genre autre que celui assigné à la naissance, les termes «trans», «transgenre» ou «transsexuel.le» sont souvent utilisés carrément comme synonyme de «femme» ou «homme», ce qui est ultimement invisibilisant pour les personnes trans qui voient leur identité de genre confondue avec leur expérience d’être mésassignées à la naissance.

Un mot à propos de l’auto-identification 

Il faut toutefois absolument reconnaître le droit des gens à l’auto-identification. Les différentes oppressions vécues par les minorités évoquées plus haut font en sorte que l’identification à une ou des causes ou à un groupe peut être plus ou moins importante d’un individu à l’autre. Il est cependant nécessaire, lorsqu’on évoque des communautés ou des groupes humains aux caractéristiques de genre, de sexe et d’orientation sexuelle minoritaires, de ne pas leur imposer une identité qui pourrait potentiellement être contraignante, particulièrement lorsque la personne qui parle ou qui écrit ne fait pas partie de ces groupes.

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